La cour d’appel de Paris se prononcera le 27 juin sur l’appel de l’islamologue suisse Tariq Ramadan contre son renvoi devant la cour criminelle départementale pour le viol de quatre femmes, le parquet général ayant requis vendredi l’abandon des poursuites pour trois d’entre elles et écarté toute notion d’emprise.
La chambre de l’instruction de la cour d’appel a examiné vendredi le recours de la défense de Tariq Ramadan, 61 ans, qui conteste son renvoi pour le viol de quatre femmes entre 2009 et 2016, ordonné en juillet 2023 par deux juges d’instruction du tribunal de Paris.
L’audience, qui a commencé vers 13H00, se tenait à huis clos et s’est achevée peu avant 18H00, a constaté un journaliste de l’AFP.
Dans ses réquisitions écrites, dont l’AFP a eu connaissance, l’avocat général a demandé que ne soit retenu contre l’islamologue qu’un seul viol aggravé, avec violences, commis à Lyon en octobre 2009 sur une femme surnommée « Christelle ».
Il a écarté l' »emprise » qu’aurait exercée M. Ramadan sur ses quatre accusatrices – « Christelle », Henda Ayari, Mounia Rabbouj et une autre femme – qui l’admiraient, et demandé par conséquent l’abandon des poursuites pour viol avec contrainte pour les trois dernières.
Cette notion avait été retenue successivement par le parquet de Paris dans son réquisitoire définitif en 2022, puis par les juges d’instruction.
L’avocat général a contesté « la mise en place d’un processus d’emprise » par M. Ramadan sur ces femmes. La notion d’emprise, a-t-il souligné, n’est « pas encore à ce jour un standard juridique de notre droit pénal ». Il a néanmoins considéré que les éléments étaient suffisants pour caractériser un viol avec violence sur personne vulnérable concernant « Christelle ».
L’emprise « bouée de sauvetage »
Cette lecture du dossier a suscité l’incompréhension des avocats des plaignantes. « L’emprise est la conséquence de la contrainte créée par le mis en examen sur ses victimes…
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