Si la décolonisation a redessiné le monde au XXᵉ siècle, elle n’a pas effacé les rapports de force économiques, ni les inégalités qu’ils ont façonnées. C’est ce rappel qu’a formulé lundi le Secrétaire général, dans une allocution prononcée en son nom à New York lors d’une réunion du comité spécial onusien chargé du dossier.
« La décolonisation est un objectif des Nations Unies depuis leurs tout premiers jours », a rappelé António Guterres, soulignant que l’organisation avait été conçue « comme un lieu où les nations pourraient se rencontrer d’égales à égales, et non comme gouvernants et gouvernés ».
Le bilan global est significatif. Plus d’une centaine d’États ont accédé à l’indépendance depuis la création de l’ONU 1945. « Notre monde a parcouru un long chemin », a insisté M. Guterres, notant que davantage d’êtres humains jouissent aujourd’hui « du droit et de la dignité de l’autodétermination ».
L’indépendance ne met pas fin à l’histoire
Mais l’histoire ne se referme pas aussi facilement. « L’héritage du colonialisme a laissé des cicatrices profondes », a-t-il averti, évoquant des mécanismes d’exploitation économique durable, mais aussi « le racisme, les inégalités et une exclusion persistante des instances de décision ». Autrement dit, l’émancipation juridique ne garantit ni l’égalité réelle ni la souveraineté économique.
Concrètement, ces territoires couvrent une mosaïque de situations. Le Royaume-Uni administre notamment Anguilla, les Bermudes, les îles Vierges britanniques, les îles Caïmans ou encore les Falkland (Malvinas). Les États-Unis demeurent responsables de Guam, des Samoa et des îles Vierges américaines, tandis que la France conserve la Polynésie française et la Nouvelle-Calédonie sur la liste onusienne. À cet ensemble s’ajoute Tokélaou, sous administration de la Nouvelle-Zélande, ainsi que le Sahara occidental, territoire…
Auteur: Nations Unies FR

