Ce n’est un secret pour personne, le Rassemblement national (RN), par ses propositions comme par ses votes, incarne une ligne conservatrice, voire régressive sur les enjeux environnementaux. Pour compléter ce constat déjà largement documenté, Reporterre s’est plongé dans les centaines de questions adressées au gouvernement par ses 89 députés sortants, entre juin 2022 et juin 2024.
Une fois par semaine, les parlementaires ont la possibilité d’interpeller le gouvernement sur un sujet qui les préoccupe, à l’oral ou à l’écrit. Les députés RN ont adressé environ 800 questions aux ministères en charge des questions liées à l’environnement (agriculture, biodiversité, transition écologique, transports…).
Pulvérisation de pesticides par drone
Premier constat, les élus RN ne nient plus, du moins publiquement, la réalité du réchauffement climatique et du recul de la biodiversité. Que ce soit pour s’inquiéter de la sécheresse ou pour demander des aides publiques à la suite d’une catastrophe, leurs questions tiennent compte de ce que certains d’entre eux appellent les « nouvelles contraintes climatiques ». Pourtant, ils ont systématiquement combattu toute politique contraignante d’un point de vue environnemental.
Leurs efforts se dirigent en premier lieu contre le plan de réduction des pesticides Écophyto. La liste des produits interdits ou menacés d’interdiction que le RN tente de sauvegarder est longue, en raison des dommages sur la santé humaine et la biodiversité. La décision, en janvier 2023, de la Cour de justice de l’Union européenne d’interdire les pesticides à base de néonicotinoïdes soulève par exemple une importante levée de boucliers dans les rangs du parti.
Pendant que certains députés militent pour que la pulvérisation de produits phytosanitaires par drones soit autorisée, d’autres prennent la plume pour contester la mise en place de « zones de non-traitement » le long des…
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Auteur: Erwan Manac’h

