Comment faire pour exister quand on est une entreprise française face aux géants que sont Apple Music, Amazon Music ou Spotify ? Deezer a innové et cela semble payer pour le moment. Parmi les facteurs de succès, la création d’un lien, via la plateforme, entre les artistes et leur public joue un rôle. Démonstration avec le cas de la musique metal.
En moins de deux décennies, l’industrie musicale est passée de la vente de produits physiques à une économie de l’accès numérique. Cette transition ne s’est pas faite sans heurts. Ce changement a bouleversé les équilibres économiques, fragilisant disquaires et labels indépendants, tout en faisant émerger de nouvelles formes de médiation. Dans ce paysage, les plateformes comme Spotify, Apple Music, Amazon Music ou Deezer sont devenues incontournables.
Mais ces acteurs ne se contentent pas de diffuser de la musique. Ils concentrent les fonctions de diffusion, de recommandation, de mesure et de monétisation, transformant les chaînes de valeur culturelles et les relations entre artistes, producteurs et publics, selon leurs propres logiques.
Parmi elles se trouve une plateforme française fondée en 2007 : Deezer. Elle se distingue par une stratégie singulière, alliant innovation technologique, responsabilité culturelle et ancrage communautaire.
Un acteur industriel à part entière
Comme ses concurrents, Deezer propose un abonnement donnant accès à des millions de titres en streaming. La plateforme permet par ailleurs la création de playlists et de recommandations personnalisées. Son algorithme « Flow » structure les pratiques d’écoute en hiérarchisant les contenus selon les goûts de l’utilisateur.
Derrière cette logique standardisée, Deezer adopte une stratégie distincte reposant sur trois axes :
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valorisation des scènes locales et francophones,
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éditorialisation humaine en complément de l’algorithme,
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engagement pour une rémunération plus équitable.
En…
Auteur: Emilie Ruiz, Maitre de conférences HDR, Université Savoie Mont Blanc

