Les députées Clémentine Autain et Eva Sas proposent « un impôt plancher sur la fortune » (IPF) pour contrer l’évitement fiscal des ultra-riches, ces 0,01 % qui paient proportionnellement moins d’impôts que le reste de la population française. Voté en commission des finances, le texte passe en plénière de l’Assemblée nationale le 20 février. Les députées s’inspirent des travaux de Gabriel Zucman, qui ont été aussi défendus au G20 par le Brésil en février 2024 (1).
Cet impôt se calcule comme la différence entre 2 % de la fortune patrimoniale (immobilière et professionnelle) supérieure à 100 millions d’euros et les impôts déjà versés (impôt sur le revenu, CSG, CRDS, contribution exceptionnelle sur les hauts revenus, impôt sur la fortune immobilière). L’Institut des politiques publiques (IPP) souligne que, pour les 0,1 % les plus riches, l’imposition globale devient régressive, chutant de 46 % à 26 % pour les 0,0002 % les plus fortunés (2).
Laurent Bach et al., « Quels impôts les milliardaires paient-ils ? », note IPP n° 92, 2023, urls.fr/WPway5
Depuis 2017, les inégalités de revenus et surtout de patrimoine n’ont cessé de croître. Par ailleurs, selon un rapport d’Oxfam France (3) publié en septembre 2024, les 0,1 % des héritiers les plus riches reçoivent en moyenne 13 millions d’euros, soit 180 fois l’héritage médian, et ne paient qu’environ 10 % d’impôts sur ces montants.
Le XXIe siècle ressemble au XIXe : une ploutocratie gouverne à la place du peuple, en détournant les principes de la démocratie. Nous sommes dans une situation paradoxale où le déficit budgétaire est alimenté par la baisse des impôts des plus fortunés, qui bénéficient en…
Auteur: Jérôme Gleizes

