Défense d’Israël : quand Eva Illouz pense contre elle-même

Signe des temps, Eva Illouz était invitée le 25 août à prononcer une leçon inaugurale qui marquait très solennellement son entrée à Sciences Po. Deux ans après l’affaire du meeting propalestinien qui, en avril 2024, avait valu à ses organisateurs une qualification d’antisémitisme injustifiée (1), mais qui avait donné le signal d’une reprise en main très droitière de l’institut de la rue Saint-Guillaume, la sociologue devait plancher devant les étudiants sur le thème classique du rôle de l’intellectuel dans l’espace public et de son rapport à la vérité (2). Eva Illouz… rapport à la vérité : on a eu envie d’aller y voir.

1

J’ai analysé cet épisode dans mon livre La Mauvaise Cause (Lux Éditeur, 2026).

2

Le texte intégral de la conférence est sur le site du Grand Continent.

Connue pour son engagement inconditionnel en faveur d’Israël, et pour pas mal de contrevérités afférentes, Eva Illouz était attendue sur le sujet. La question fut en partie éludée. Mais tout ce qui pouvait être pertinent dans son analyse (et il n’en manquait pas) était immanquablement pollué par ce que l’on sait de ses prises de position habituelles. On se souvient notamment de sa supplique adressée au gouvernement israélien qui l’avait privée d’une distinction honorifique. « Au cours des dix-huit derniers mois, écrivait-elle dans Haaretz en avril 2025, j’ai consacré mon énergie à écrire dans la presse internationale pour défendre Israël […] que l’antisionisme est une forme d’antisémitisme et que les accusations de génocide contre Israël ne sont rien d’autre que la continuation de ce discours…

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Auteur: Denis Sieffert