« Face à ce monde de danger, rester spectateur serait une folie », a prévenu Emmanuel Macron le 5 mars lors de son allocution télévisée sur le soutien à l’Ukraine, la menace russe et le désengagement américain. Avant de préciser : « La patrie a besoin de vous, de votre engagement. » Traduction, le lendemain, sur France Inter, par le ministre des armées Sébastien Lecornu : « Est-ce que l’on a besoin d’accélérer sur le durcissement de nos réserves ? La réponse est oui. On a besoin d’une réserve professionnelle », a expliqué le ministre.
De quoi parle-t-on ? Les réservistes sont des citoyens qui se sont engagés à consacrer une partie de leur temps à la défense nationale. Pour être réserviste, il faut être de nationalité française, être âgé de 17 à 72 ans, être apte médicalement et ne pas avoir de condamnation inscrite au casier judiciaire.
Le contrat, renouvelable, dure entre un et cinq ans. Il prévoit un nombre de jours d’activité par an, avec une moyenne de 31,4 jours en 2023, mais qui peut parfois constituer un emploi à temps partiel. La rémunération, qui dépend du grade, varie entre 50 et 133 € par jour, solde à laquelle peuvent s’ajouter des primes, et elle est non imposable.
Doubler les effectifs
Alors qu’en 2000, ils n’étaient que 22 000, fin 2023, on comptait 73 624 « réservistes opérationnels », dont 40 940 au ministère des armées et 32 684 dans la gendarmerie nationale, selon le dernier rapport du Haut Comité d’évaluation de la condition militaire, publié en juillet 2024. La part des effectifs issus des anciens appelés du contingent (12,1 %) et des anciens militaires d’active (34,1 %) tend à décroître au profit des volontaires sans expérience militaire, directement issus de la société civile, le plus souvent actifs mais parfois aussi étudiants, qui atteignent désormais 53,7 % des réservistes.
Alors que le service militaire obligatoire n’est plus…
Auteur: Nathalie Birchem

