Retards dans les achats, doutes sur la réalisation des programmes comme le futur porte-avions de nouvelle génération, et parfois commandes à l’arrêt… Ces derniers mois, le secteur industriel de la défense en France a vécu dans la hantise d’une remise en cause des promesses de la loi de programmation militaire, dans un contexte de difficultés budgétaires prégnantes au niveau national. Le gouvernement allait-il honorer la nouvelle marche prévue par cette trajectoire pluriannuelle, de trois milliards d’euros de hausse des moyens pour les Armées en 2025 ? Les yeux rivés sur l’état de leur trésorerie, de nombreuses PME du secteur étaient dans l’incompréhension, d’autant plus dans un discours ambiant de réarmement des pays membres de l’Otan.
Ce fut le premier sujet mis sur la table par les sénateurs de la commission des affaires étrangères, de la défense et des forces armées du Sénat, ce 1er juillet, lors de l’audition du ministre des Armées, Sébastien Lecornu. « Comment expliquer l’objectif de hausse des crédits se traduise dans les faits, depuis plusieurs mois, par un sentiment d’étranglement financier, ressenti aussi bien par la Direction générale de l’armement, pour ses commandes, que pour les entreprises qui ne voient pas ces commandes arriver ? […] Tout en répétant vouloir accélérer le réarmement, le gouvernement appuie sur le frein et contredit ses propres objectifs » s’est étonné le président…
Auteur: Guillaume Jacquot

