Les chauffeurs de taxis sont en colère. Dans leur viseur notamment, une convention qui va modifier leur rémunération pour le transport de malades. Un nouveau système, qui doit entrer en vigueur le 1er octobre, a été conçu pour dissuader les retours à vide ou les temps d’attente trop longs. L’objectif est de limiter la croissance des dépenses de transport sanitaire, qui ont atteint 6,74 milliards d’euros en 2024, dont 3,07 milliards d’euros pour les taxis conventionnés (+ 45 % depuis 2019).
Le mouvement de protestation éclaire une fonction importante des taxis dans le monde rural. Ils contribuent à garantir le suivi des traitements pour des populations éloignées des centres de soins. C’est une contrepartie de la réorganisation de la carte hospitalière. Alors que de nombreux établissements de proximité ont fermé, les soins ambulatoires permettent d’accueillir de jour des patients qui retournent le soir chez eux. Mais pour assurer ce service, des moyens de transport sont nécessaires. Ce que le système de santé gagne en ne finançant pas une nuit à l’hôpital, il le perd en partie en remboursant les trajets.
Comment éviter une dérive des dépenses ? Le sujet est d’autant plus sérieux que l’endettement de la protection sociale croît dans des proportions inquiétantes, selon un rapport de la Cour des comptes rendu public lundi 26 mai. La branche santé, particulièrement, est sur une trajectoire non maîtrisée. Pour ne pas mettre en péril tout le système, des mesures d’économie sans précédent doivent y être trouvées. Sans doute faut-il aussi s’interroger sur les ressources. En France, pays riche, les assurés bénéficient d’un reste à charge parmi les plus faibles au monde. C’est remarquable mais cela devra évoluer, en conservant, bien sûr, l’impératif de solidarité.
Auteur: Jean-Christophe Ploquin

