Le député LFI Éric Coquerel a dénoncé lundi 10 novembre une « omission d’État » après la révélation du contenu d’une lettre d’alerte concernant le déficit public envoyée au printemps 2024 par Bruno Le Maire, alors ministre de l’économie, à Emmanuel Macron. « Rétrospectivement, ça veut dire que le budget qui était présenté était insincère », a-t-il ajouté, interrogé sur BFMTV.
Dans cette missive, datée du 6 avril 2024 et portant la mention « secret », Bruno Le Maire alertait le président sur le dérapage des comptes, selon un reportage de C Dans L’Air diffusé dimanche sur France 5.
Mettant en avant la chute des recettes fiscales, il y demandait des mesures d’économies pour limiter le déficit à 4,9 % du produit intérieur brut en 2024 et proposait une loi de finances rectificative (LFR).
Ses recommandations n’avaient alors pas été suivies par Emmanuel Macron. Le déficit public avait lui atteint 5,8 % du PIB cette année-là.
Des recettes fiscales plus faibles qu’escompté en 2023 et 2024
Éric Coquerel a jugé que le gouvernement avait reçu « des alertes en tous sens », y compris de Bruno Le Maire, sur la gravité de la situation des comptes publics, mais que « rien n’a (vait) été suivi d’effet ». Cette lettre au chef de l’État et d’autres alertes avaient été évoquées devant la commission d’enquête sur le dérapage du déficit par Bruno Le Maire, qui avait transmis la missive au président de la commission des Finances.
Selon les conclusions de cette commission mi-avril, des recettes fiscales plus faibles qu’escompté en 2023 et 2024 ont engendré des « moins-values » considérables pour les finances publiques. Mais les rapporteurs Mathieu Lefèvre (EPR) et Éric Ciotti (UDR) s’étaient opposés sur la responsabilité politique de ce dérapage.
Le déficit public « sur les rails »
Le déficit public est « sur les…
Auteur: La Croix (avec AFP)
