Gustave Doré, illustration pour « La Divine Comédie » de Dante Alighieri, Inferno, chant VII
Avares et prodigues poussent de gros sac de pièces en s’injuriant mutuellement.
Nous savons qu’il y aura peut-être une opportunité historique. Si elle se concrétise, nous savons selon quels principes généraux la saisir. Il s’agit de dire maintenant quelles transformations y opérer, en commençant d’entrer dans le détail.
Il y a deux voies de la finance : la voie de la dette, la voie actionnariale. Telles qu’elles sont l’une et l’autre configurées en régime néolibéral, ce sont des nuisances. Elles vont être brutalement ramenées à leur fonction première : financer les agents de l’économie réelle, sans aucune autre fioriture. En envisageant les problèmes, à chaque fois qu’il y aura lieu, sous leur double versant : le versant des épargnants et celui des entreprises.
La banque et le crédit : le terne et l’ennuyeux
Les sophistications de la finance néolibérale ont fini par faire oublier que l’essentiel des agents désireux (ou contraints) de s’endetter le font en passant par la plus planplan des solutions de financement : le crédit bancaire. Fin 2025, l’encours de financement des SNF (Sociétés non-financières) est constitué pour les deux tiers de crédits bancaires – encore cette donnée agglomère-t-elle les SNF quelles que soient leurs tailles : il suffirait de sortir le CAC 40 ou le SBF 120 de la statistique pour avoir un tableau encore plus écrasant.
Voir aussi Cécile Marin &
Dominique Plihon, « D’où vient l’argent ? Le circuit de la création monétaire », Le Monde diplomatique, octobre 2011.
Avec le crédit bancaire, opération en son principe radicalement hétérogène aux émissions de titres sur lesquelles toutes les constructions de la finance déréglementée se sont édifiées, avec le crédit bancaire, donc, nous…
Auteur: Frédéric Lordon


