Bordeaux (Gironde), reportage
La salle d’audience du tribunal administratif de Bordeaux est pleine à craquer. Ce 27 février marque le tout début de la saga judiciaire des « baleines volantes » : ces ballons dirigeables géants que veut construire la startup Flying Whales, dans le but de décarboner le secteur du fret aérien. L’hélium contenu dans les dirigeables « permet de s’affranchir de la gravité sans avoir recours à une consommation d’énergie intense », indique le site internet de la startup.
Problème : pour produire ces zeppelins nouvelle génération, l’entreprise prévoit d’implanter son usine sur 75 hectares de zones boisées et humides, à Laruscade (Gironde). Les premières opérations de débroussaillage ont débuté en février.
Une situation qui inquiète la Sepanso Gironde. Cette association environnementale a déposé deux recours devant le tribunal administratif contre le projet des « baleines volantes ». L’objectif : faire annuler l’autorisation environnementale délivrée en 2025, ainsi que la dérogation à la protection des espèces protégées.
Pour éviter des dégâts « irréversibles », la Sepanso Gironde aimerait aussi que les travaux soient suspendus le temps du jugement de ses deux recours — plusieurs années en tenant compte d’éventuels appels. Las, le juge a finalement acté, le 2 mars, le maintien des travaux.
Un foncier à haute valeur écologique
« On nous parle d’un projet innovant, mais est-ce que ça vaut le coup de détruire des zones humides quand on connaît l’urgence de les préserver ? » s’interroge Patrick Maupin, vice-président de l’association. Les promesses écologiques de Flying Whales se heurtent effectivement à la dégradation et la destruction de 39 hectares de zones humides.
La valeur écologique du foncier retenu a été reconnue deux fois, par l’Autorité environnementale ainsi que par le Conseil national de protection de la…
Auteur: Nicolas Beublet

