Avant même son entrée à la Maison Blanche, le 20 janvier, Donald Trump agit déjà sur l’ordre du monde. Selon le Washington Post, le président élu aurait, dès le lendemain de son élection, appelé Vladimir Poutine pour lui demander de ne pas se livrer à « une escalade » en Ukraine. Conséquence immédiate : la Russie a redoublé de violence, attaquant les grandes villes ukrainiennes jusqu’à proximité de la frontière polonaise, et ciblant les infrastructures énergétiques. Faut-il s’en étonner ? Il y a une cohérence à peine paradoxale dans la réaction de Poutine, dont le porte-parole s’était d’ailleurs empressé de contester la réalité de l’appel de Trump.
Un joueur dirait que le chef du Kremlin se hâte de prendre ses gains. Et d’effacer ses pertes.
Chacun pressent que l’on entrera dans une phase « diplomatique » à partir du 20 janvier. Poutine ne s’y opposera sans doute pas, mais il n’aura de cesse d’ici là d’affaiblir son adversaire. Un joueur dirait que le chef du Kremlin se hâte de prendre ses gains. Et d’effacer ses pertes. Il a reçu pour ça le renfort de dix mille soldats nord-coréens qui tentent de reprendre la région de Koursk conquise par les Ukrainiens au mois d’août dernier. La réaction de Joe Biden s’inscrit dans la même logique. « Sleepy Joe », comme l’avait surnommé Trump, s’est brusquement réveillé le 16 novembre, en autorisant l’Ukraine à utiliser les missiles américains de longue portée capables de toucher le sol russe en profondeur. Une décision que Volodymyr Zelensky réclamait depuis des mois. Trop tard, et probablement sans effets réels.
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Auteur: Denis Sieffert

