- Il y a cinq ans, la loi de bioéthique du 2 août 2021 ouvrait l’assistance médicale à la procréation pour les couples de femmes et les femmes seules.
- Depuis, les demandes ont explosé, avec, pour conséquence des listes d’attente qui se sont allongées, malgré la bonne volonté des professionnelles de santé, eux-mêmes sous pression.
- De fortes disparités territoriales sont constatées. Elles concernent notamment les centres habilités à réaliser des assistances médicales à la procréation, dont la Corse, la Guyane et Mayotte sont dépourvues. Mais aussi les stocks de paillettes (tubes contenant des spermatozoïdes) qui sont mal répartis sur le territoire.
- Face à cette situation, certaines critiquent le monopole de centres à but non lucratif, appelant à l’ouverture au privé, quand d’autres préfèreraient voir les efforts d’amélioration se concentrer sur l’offre existante.
- Pendant ce temps, de nombreuses personnes continuent de s’engager dans des parcours de PMA hors de France, pour certaines poussées par les discriminations qui subsistent.
« On a élargi l’accès à la PMA et c’est super, mais dans quelles conditions ? » Cinq après après l’ouverture de la procréation médicalement assistée aux couples de femmes et aux femmes seules, Virginie Rio, cofondatrice du collectif Bamp, dresse un premier bilan plus que mitigé. Comme d’autres associations de patientes de l’assistance médicale à la procréation (AMP), et comme les professionnelles du secteur, qui se renvoient la balle.
« On s’en prend plein la poire parce que ça ne fonctionne pas bien et les femmes s’impatientent, mais ça ne peut plus durer parce que les équipes sont essorées », prévient Catherine Guillemain, cheffe du service de biologie de la reproduction de l’hôpital de la Conception, à Marseille, et présidente de la fédération des Centres d’étude et de conservation des œufs et du sperme humains…
Auteur: Rozenn Le Carboulec

