Reporterre publie chaque jour de la semaine le portrait et l’interview de l’un des cinq candidats à la primaire des écologistes, dont le premier tour se déroule du 16 au 19 septembre et le second du 25 au 28 septembre, en vue de la présidentielle de 2022. L’ordre de passage a été tiré au sort.
Paris (20ᵉ)
« Je ne cherche pas à devenir présidente de la République ! » L’exclamation a jailli alors que Reporterre lui demandait ce qui, dans son parcours, avait été le déclic de sa candidature à la primaire des écologistes. Son regard bleu perçant s’assurant que son message passe bien, Delphine Batho précise : « Je ne suis nullement taraudée par l’ambition d’un pouvoir personnel. Je suis candidate pour détruire le présidentialisme. Si j’y parviens, j’aurais fait mon devoir. »
Alors, le 5 juillet dernier, l’ex-ministre de l’Écologie de François Hollande, députée des Deux-Sèvres depuis 2013 et présidente de Génération écologie, âgée de 48 ans, est entrée dans l’arène. Elle a choisi des concepts forts en se présentant comme la candidate de l’écoféminisme et surtout de la « décroissance ». Au risque d’agacer chez les candidats des Verts qui ont prudemment évité ce terme de crainte d’effrayer les électeurs, et semblent aujourd’hui dépassés en radicalité par l’ancienne socialiste. « On me demande souvent si je n’ai pas peur d’utiliser ce mot. Mais moi, ce qui me fait peur, ce sont les inondations meurtrières à New York ou l’été cataclysmique que nous avons connu. J’assume totalement mon éco-anxiété donc non, un débat sur la solution ne me fait pas peur », assure-t-elle à Reporterre. Cette conviction que le salut n’est pas à chercher dans l’accroissement infini du produit intérieur brut (PIB) ne date pas d’hier : « Le découplage entre la croissance et la consommation de matières n’existe pas, plaidait-elle déjà en décembre 2019 en commission du développement durable. Si nous voulons aller au-devant d’un certain nombre de chocs et d’effondrements, nous devons au contraire organiser une décroissance volontaire. »
Sophie Haristouy, directrice d’établissement médico-social et animatrice de la commission écoféminisme de Génération écologie, salue un choix « courageux et lucide ». « Je me souviens d’une des réunions de lancement de la campagne d’Urgence écologie. Nous étions partagés entre l’urgence de la situation, et l’idée qu’il fallait promouvoir une écologie joyeuse pour casser notre…
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Auteur: Émilie Massemin (Reporterre) Reporterre

