Face à la mobilisation des lycéens entamée fin septembre, elle perçoit « un refus très profond d’une société vide de sens dans le système de la croissance ». Delphine Batho, candidate déclarée à l’élection présidentielle, dessine un fil entre l’été caniculaire que l’on vient de traverser et leurs revendications. « Le maintien des cours et des examens dans des bouilloires thermiques a été une expérience traumatisante pour eux », dit la présidente du parti Génération Écologie.
Pour endiguer les bouleversements que traverse la société française, elle entend faire campagne sur l’écologie de la beauté, un concept qu’elle a développé dans un livre, La Politique de la beauté — Une nouvelle écologie (Éditions de l’Aube, juin 2026).
L’ancienne ministre de l’Écologie sous François Hollande fait de la sécurité alimentaire et l’eau ses priorités, et entend passer « l’ensemble de l’agriculture française à l’agriculture biologique et à l’agroécologie ».
Estimant que « le discours du barrage ne suffit plus », elle se lance seule dans la course à la présidentielle, et n’entend rallier aucun parti. « Pour moi, c’est inimaginable dans les circonstances historiques dans lesquelles nous sommes que les idées de l’écologie soient absentes de l’élection majeure de notre pays », insiste Delphine Batho.
Reporterre — Vous avez commencé votre engagement politique en tant que militante syndicale à la Fédération indépendante et démocratique lycéenne (Fidl). Quel regard portez-vous sur les mobilisations actuelles des lycéens et lycéennes ?
Delphine Batho — Je porte un regard de confiance envers la jeunesse, à la fois joyeux et bienveillant. Il y a deux niveaux de revendications dans ce qu’expriment les lycéennes et les lycéens : de meilleures conditions d’étude (les effectifs par classe, l’état des lycées, les emplois du temps, etc.), mais aussi
Auteur: Fanny Marlier, Justine Guitton-Boussion, Mathieu Génon
