L’on ne peut qu’être quelque peu épaté·e par la facilité avec laquelle M. Macron, chef de l’État français, vient d’abolir, purement et simplement, la démocratie française, telle que bon an mal an elle allait depuis 1945, avec toutes ses imperfections – lesquelles étaient, de fait, nombreuses, mais tout de même.
C’est d’abord et avant tout aux journalistes « politiques » dominant·es que M. Macron doit son succès.
C’est merveille, en effet, qu’il ait pu si tranquillement confisquer le résultat d’une élection gagnée en juillet par la gauche réunie au sein du Nouveau Front populaire (NFP), puis nommer en septembre, après avoir quémandé avec succès la permission d’une extrême droite contre laquelle il avait pourtant promis (en 2017) puis regaranti (en 2022) qu’il construirait un « barrage », un « premier ministre » sans légitimité (et dont la fonction sera donc ici écrite, dorénavant, entre guillemets) qui s’est à son tour ceinturé d’un gouvernement non moins (complètement) illégitime, où paradent fièrement les perdant·es déhonté·es de l’élection en question, et où traînent, comme en remboursement de la dette contractée auprès du Rassemblement national lorsqu’il a permis ce coup, quelques figures dont la conversation reproduit à l’identique celle de Mme Pen fille (1).
De telle sorte, on l’aura compris, que, dans les temps qui viennent, la doxa de l’extrême droite sera toujours plus normalisée depuis le plus haut sommet de l’État français – et que les chances de ladite Pen d’emporter la prochaine élection présidentielle s’en trouveront encore démultipliées. Merci qui ? Merci Macron.
Bien sûr, M. Macron n’a pas réussi seul cette exemplaire dislocation de la…
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Auteur: Sébastien Fontenelle

