Démission de François Bayrou, les politiques à l’heure de la responsabilité

François Bayrou est-il tombé en « martyr de la vérité », comme l’a écrit lundi, quelques heures avant le vote de l’Assemblée nationale, le New York Times ? En échouant à gagner la confiance des députés, le premier ministre a en tout cas entraîné, dans la soirée, la chute du gouvernement avec lui. C’est le premier à échouer ainsi, depuis le début de la cinquième république, devant l’épreuve du vote de confiance, qu’il avait lui-même sollicité au cœur de l’été.

Certes, François Bayrou a eu le mérite, sans doute plus lucidement que beaucoup de ses prédécesseurs, de dire la vérité sans fard aux Français sur l’ampleur de la dette, laquelle est devenue un enjeu « vital » pour notre pays, comme il l’a à nouveau rappelé dans son ultime discours aux députés. Certes, il a tenté de dépasser les clivages politiques, mais son incapacité à entamer de réelles négociations entre les partis, sans doute exaspérés par sa posture du sauveur, lui aura été fatal.

Avant de voter, certains députés se sont faits, lundi, les complices du chaos politique en cours, notamment du côté du RN et de LFI, réclamant une nouvelle dissolution ou une destitution du président de la République. Mais de nombreux élus ont aussi appelé, à la tribune de l’Assemblée nationale, à la responsabilité : les uns, comme les socialistes, se déclarant « prêts » à gouverner, les autres, comme les LR, se disant disponibles pour étudier, avec d’autres partis, le « programme de travail » d’un futur chef du gouvernement. Ils ont également reconnu la lucidité du futur ex-premier ministre, tout en condamnant les chemins empruntés pour boucler un budget impossible à boucler.

À l’heure où les Français doutent plus que jamais de leurs représentants politiques, ces derniers seraient bien inspirés de faire preuve de responsabilité, celle-là même à laquelle ils appellent. Plus d’un…

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