Le jour de croisement des courbes est arrivé. Entre mai 2024 et mai 2025, 651 200 personnes sont mortes pour 650 400 naissances. Cette révolution démographique va très probablement s’inviter dans les débats politiques dans les prochaines années tant elle pose des questions pour notre modèle social.
Le 16 janvier 2024, Emmanuel Macron avait appelé à un « réarmement démographique » de la France. Le président de la République avait alors annoncé un plan contre l’infertilité et un congé de naissance pour relancer la natalité. Il réagissait au bilan démographique de l’INSEE pour l’année 2023 dans lequel était observée une baisse des naissances de 6,6% par rapport à 2022. Force est de constater que ces annonces n’ont en rien inversé les tendances.
Un croisement des courbes plus précoce que prévu
En mars 2025, l’Institut national d’études démographiques (INED) publiait un rapport intitulé « La population de la France va-t-elle diminuer ? » dans lequel les chercheurs Gilles Pison et Laurent Toulemon constataient que le solde naturel français (différence entre le nombre de naissances et le nombre de décès en France) était passé entre 2019 et 2024 de 140 000 à 17 000. Les chercheurs projetaient alors un solde naturel négatif en 2027.
Un solde naturel négatif compensé par un solde migratoire positif
Malgré le net ralentissement du solde naturel, la population française a augmenté de 169 000 habitants en 2024, soit une…
Auteur: Emile Boissel-Dombreval

