« Déplacés climatiques, sans toit ni droit » : où est le droit international ?

« Là, c’était ma maison. » Les larmes aux yeux et les pieds dans l’eau, Lokkhi Mondol raconte le calvaire qu’elle a subi à trois reprises : la destruction de son foyer par un cyclone. Elle, son mari et ses deux enfants ont tout perdu. Lokkhi est loin d’être la seule à voir sa vie anéantie par les bouleversements du climat. Selon les estimations de la Banque mondiale, ceux que l’on appelle désormais les « déplacés climatiques » étaient 26 millions en 2023. Désormais plus nombreux que les réfugiés de guerre, ils pourraient être plus de 220 millions en 2050.

Le documentaire Déplacés climatiques : sans toit ni droit de François-Xavier Trégan met en lumière comment ceux qui prennent la route de l’exil, poussés par les phénomènes météorologiques extrêmes, restent ignorés par la communauté et le droit international.

En Colombie, des « cliniques juridiques »

Dans ce contexte, il met en valeur trois exemples de solutions développées par certains pays pour accompagner les victimes : au Bangladesh, en Colombie et aux îles Fidji. Le premier innove à travers ses actions locales, tandis que la Colombie apparaît comme leader en matière de droits des personnes déplacées avec un système de « cliniques juridiques », qui leur portent assistance.

Ces migrations forcées peuvent aussi s’apparenter à une perte violente d’identité. Les îles Fidji s’attellent ainsi à l’épineuse question du « droit à rester » des populations qui entretiennent une relation spirituelle à leurs terres. L’État tente de mettre en place des mesures d’adaptation et de résilience, pour leur permettre de faire le choix de partir en toute connaissance de cause.

Le documentaire souligne le vide administratif dont souffrent les déplacés climatiques. Mais alors que les États du Pacifique en première ligne ne sont responsables que de 0,02 % des émissions de gaz à effet de serre mondiales, il tarde…

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Auteur: Inès O’Neill