« C’est une erreur historique de céder aux facilités du moment et de détricoter », a lancé Emmanuel Macron le 18 juin, alors qu’il était interviewé par plusieurs journaux locaux.
En sous-texte, le chef de l’État visait les députés ayant voté contre la suppression des zones à faibles émissions (ZFE), tout comme la remise en cause des objectifs intermédiaires du zéro artificialisation nette. Il visait aussi son propre gouvernement, qui a récemment supprimé MaPrimeRénov’. Tout cela illustre le détricotage, avec l’aval de son camp, de mesures instaurées durant son premier quinquennat.
Las, en matière de défense du climat, la crédibilité du chef de l’État n’est pas bien épaisse. En se cachant derrière l’argument d’un président en cohabitation qui n’aurait plus aucun poids sur les décisions de son propre gouvernement et du Parlement, Emmanuel Macron omet de rappeler combien François Bayrou a, en réalité, toujours figuré parmi ses soutiens. Il feint aussi d’oublier qu’il a lui-même choisi son gouvernement, puisqu’il a refusé de nommer la candidate du Nouveau Front populaire, Lucie Castets, à Matignon.
Tout au long de ses quinquennats, l’écologie n’a cessé d’être une variable d’ajustement servant des intérêts stratégiques. Dernière preuve en date, le sujet était encore le grand absent de son intervention télévisée en mai : à peine six minutes d’intervention floue sur trois heures d’interview.
Depuis quelques mois, nombre de votes et de décisions émanant du gouvernement entérinent des reculs majeurs sur les questions environnementales. Cela souligne les dangers de la vision macroniste : celle d’une écologie de compromis compatible avec les intérêts des entreprises.
Un an après la dissolution de l’Assemblée nationale décidée par Emmanuel Macron, Reporterre fait un tour d’horizons des mesures détricotées par le gouvernement et ses soutiens au…
Auteur: Fanny Marlier

