Nyer (Pyrénées-Orientales), reportage
Malgré la neige qui commence à tomber, les 28 gasconnes ne semblent pas pressées de retrouver l’étable. 28 et non plus 46, les 18 autres vaches du troupeau de la ferme d’Escoums ayant été abattues le 12 novembre, après la détection d’un cas de dermatose nodulaire contagieuse dans cet élevage de Nyer, commune des Pyrénées-Orientales.
L’éleveur, Guillaume Husson, est un des rares éleveurs à avoir accepté de raconter son histoire à la presse, peut-être justement parce qu’il n’a pas perdu toutes ses bêtes, ou parce que l’abattage s’est particulièrement mal passé, ou encore parce que le collectif citoyen qui s’est créé autour des éleveurs dans le département, initié par son père Jean Quilleret, lui donne la force de faire face.
Avec l’apparition d’un cas de dermatose nodulaire contagieuse le 4 octobre de l’autre côté des Pyrénées, les éleveurs savaient que l’arrivée du virus était une question de jours, avec les vaches encore en estive et les insectes piqueurs se jouant des frontières. Le 15 octobre, les trois premiers foyers du département ont été confirmés. Puis la contagion s’est étendue.
Les éleveurs ont déclaré des foyers les uns après les autres, en observant certaines de leurs bêtes malades, avec des ganglions gonflés et des nodules apparaissant sur la peau. Référent de la maladie à la Confédération paysanne, Guillaume Husson a vu son tour arriver. Le 12 novembre, son troupeau a dû être « dépeuplé ».
Abattage à la carabine
L’euphémisme officiel se marie mal avec le réel. L’abattage a démarré alors que l’éleveur n’était pas encore sur les lieux. « Dans la précipitation, dix vaches avaient été sédatées dans le parc de contention, sans attendre d’avoir rassemblé toutes les bêtes. Les 8 autres, dont les 2 malades, ne voulaient plus rentrer dans l’enclos. Elles devaient bien sentir ce qui…
Auteur: Magali Reinert

