En pleine crise de la dermatose nodulaire contagieuse (DNC) bovine, les questions de l’abattage total des troupeaux et de la vaccination sont au cœur des débats. D’un côté, le ministère de l’Agriculture et la FNSEA, le syndicat majoritaire productiviste, défendent ce mode de gestion pour éviter des « conséquences économiques énormes » ; de l’autre la Confédération paysanne et la Coordination rurale (CR), un syndicat proche de l’extrême droite, rejettent le « dépeuplement » et réclament la généralisation de la vaccination sur tout le territoire. « On n’est pas sur des mesures sanitaires, mais commerciales », s’est agacé l’agriculteur et député Benoît Biteau, lui aussi opposé à l’abattage total.
Pour mieux comprendre ce que cache cette opposition, Reporterre fait le point sur les enjeux économiques de la préservation du statut « indemne » de la France pour certains acteurs de la filière.
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Qu’est-ce qu’une maladie de catégorie A ?
La dermatose nodulaire contagieuse est une maladie animale de catégorie A, c’est-à-dire qu’elle n’existe pas normalement dans l’Union européenne et qu’elle exige des mesures d’éradication immédiates dès qu’un cas est détecté : notification obligatoire des cas, mise en place de zones restreintes, restriction des mouvements d’animaux et des produits, nettoyage et désinfection des sites. Ces mesures prévoient également « l’abattage et l’élimination ou la mise à mort d’animaux susceptibles d’être contaminés ou de contribuer à la propagation de la maladie répertoriée » ainsi que la destruction des carcasses.
Ce texte a évidemment un effet sur les exportations : il implique que les animaux et produits provenant d’un foyer ou d’une zone réglementée ne peuvent pas être exportés tant que les mesures sanitaires ne sont pas levées. « Il reste à ce jour plusieurs zones réglementées, notamment autour du…
Auteur: Émilie Massemin

