Vue depuis le Conseil de l’ordre des vétérinaires ou les cabinets ministériels, la situation paraît simple. Quand surgit un cas de dermatose nodulaire, il faut abattre le troupeau auquel appartient la vache malade pour juguler le risque de contamination des élevages alentour.
Cette maladie bovine extrêmement contagieuse est en effet une infection virale, qui ne se soigne donc pas, se transmet par piqûres d’insecte et passe ainsi d’une bête à l’autre, parfois via des animaux infectés mais non malades. L’été dernier, en Savoie et Haute-Savoie, l’épidémie a été maîtrisée grâce à ce choix draconien : abattage et vaccination ciblée.
Angoisse et découragement
Mais pour un éleveur, rien n’est évident : la découverte d’un animal malade est déchirante. Le revenu de l’agriculteur est compromis et, beaucoup plus encore, des années de travail, de sélection, de soin et de relation avec les animaux sont réduites à néant. On comprend que guettent l’angoisse et le découragement.
La question est d’autant plus sensible qu’elle intervient dans un contexte de longue traîne d’inquiétudes et de colères. Le monde rural français est au carrefour d’enjeux locaux tout comme de profondes mutations internationales : fragilité économique, réglementations, concurrence déloyale, changement climatique, inquiétude sur la transmission des terres, changement des habitudes de consommation, intérêts pas toujours alignés entre petites et grandes exploitations, divisions syndicales, etc. D’où de régulières et vives éruptions.
La semaine qui vient sera sensible pour le gouvernement. D’autant que dans les prochains jours, les États européens doivent se prononcer sur l’accord de libre-échange avec les pays latino-américains du Mercosur. Une manifestation d’agriculteurs est annoncée pour le 18 décembre à Bruxelles. De l’Ariège à l’Europe, c’est aussi la contagion de la…
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