Imaginez 16 prévenus d’extrême gauche interpellés pour associations de malfaiteurs terroristes. Parmi ces adhérents de « l’idéologie radicale d’ultragauche », trois ont eu un engagement direct avec la formation la plus importante de ce bord politique. L’un comme candidat aux élections municipales, sénatoriales, départementales et régionales à partir de 2014, un autre comme assesseur aux régionales de 2015. Le troisième se serait présenté aux cantonales de 1994.
Pour le reste des mis en examen, le dossier judiciaire révèle des affinités claires avec les idées d’un parti, en plus de bulletins de vote en sa faveur glissés dans l’urne. Combien d’éditions spéciales sur les chaînes d’info en continu ? De commentaires politiques tous plus indignés les uns que les autres devant une telle menace pour la République ? Cette fiction est bien la réalité. À un détail près : ce n’est pas de la gauche radicale dont on parle, mais de l’extrême droite. Et le parti concerné : le Rassemblement national (RN). Mais dans les médias comme dans le paysage parlementaire, c’est silence radio. Circulez, il n’y a rien à voir.
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Le dossier aurait pourtant de quoi noircir des pages. Treize hommes et trois femmes réunis autour d’un groupuscule clandestin, Action des forces opérationnelles (AFO), une organisation structurée, fascinée par les armes et la chose militaire. Ce qui les unit : « une même idéologie alimentée par l’assimilation du terrorisme jihadiste à l’islam en général, la crainte du grand remplacement, et une vision déclinante de la société française à laquelle répondaient le…
Auteur: Hugo Boursier

