Derrière Epstein, la violence des hommes

La publication des Epstein Files est au cœur de l’actualité et son impact dépasse les frontières américaines tant le réseau du pédocriminel est tentaculaire. Des années seront nécessaires pour faire la lumière sur la nature des relations qu’Epstein entretenait avec les uns et les autres, des hommes et des femmes de pouvoir, sans oublier les victimes. Si son pouvoir a été facilité par l’argent – il était millionnaire – son réseau l’a consolidé. En effet, il n’y a pas besoin d’être millionnaire pour jouir de la culture de l’impunité.

Comme #MeToo l’avait révélé au grand jour en 2017, la position de pouvoir d’hommes facilite les violences sexistes et sexuelles. Entendons ici la violence des hommes non pas comme une essentialisation biologique, mais comme un système de domination masculine historique, politique et sociale.

Ces violences prédatrices se retrouvent à différentes échelles. Adèle Haenel a dénoncé le réalisateur Christophe Ruggia pour harcèlement sexuel alors qu’elle était une enfant ; Judith Godrèche a fait de même contre les réalisateurs Benoît Jacquot et Jacques Doillon pour viol.

L’affaire Epstein et la vague #MeToo s’inscrivent dans un continuum de violences d’hommes de pouvoir, tout comme les affaires révélées par la Ciase ou Bétharram en France. La culture de l’impunité y domine encore et partage les mêmes caractéristiques quant au profil des prédateurs. Dans chacun de ces cas, des alertes ont été lancées puis passées sous silence ; des dizaines, des centaines de victimes ont été abusées avec la complicité d’un système qui a laissé faire. Ce système est composé d’hommes et de femmes complices par leur silence et leur inaction. Notre système n’est pas défaillant s’agissant des violences sexuelles : il est complice.

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Auteur: Hanane Karimi

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