Derrière le mirage immatériel des algorithmes gronde une réalité matérielle implacable : l’intelligence artificielle est une dévoreuse de puces. À coups de centaines de milliards de dollars, les géants du secteur s’arrachent des processeurs graphiques (GPU) toujours plus puissants dont l’espérance de vie atteindrait à peine 3 ans, alertait en novembre 2025 l’ex capital-risqueur Michael Burry, oracle de la crise des subprimes survenue aux États-Unis il y a près de 20 ans.
En cause ? Le rythme de sortie des innovations dans un secteur où les nouveaux produits s’enchaînent à un rythme effréné. En témoigne la promesse faite en 2024 par le leader mondial des microprocesseurs, Nvidia, de commercialiser une nouvelle puce par an, au lieu d’environ tous les deux ans auparavant. Au risque de rendre les générations précédentes de GPU obsolètes bien avant leur expiration prévue.
650 milliards de dollars en 2026
Les GPU, puces indispensables pour faire fonctionner les systèmes d’IA les plus avancés, sont devenus la dépense majeure pour les entreprises du secteur. En 2026, Alphabet — la maison mère de Google —, Amazon, Microsoft et Meta prévoient de dépenser 650 milliards de dollars pour acheter ces bijoux de technologie vendus parfois plus de 40 000 dollars l’unité. Entraînés dans une course au progrès, beaucoup s’endettent massivement pour en acheter le plus possible, le plus vite possible.
S’il n’existe aucun rapport public faisant état du nombre de processeurs graphiques exploités par les centres de données dédiés à l’intelligence artificielle, Jensen Huang, le président de Nvidia, a déclaré dans lors d’une conférence en mars 2025 que quatre des principaux fournisseurs de services en réseau étasuniens (Amazon Web Services, Microsoft Azure, Google Cloud et Oracle Cloud) avaient acheté 3,6 millions de GPU Blackwell — le nom de cette version — depuis leur lancement début…
Auteur: Eitanite Bellaïche

