Ces pratiques, développées par des réseaux mafieux implantés dans le bassin du Mékong, génèrent désormais des milliards de dollars par an. Le document publié par le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme (HCDH) décrit un système structuré et transnational au sein duquel les arnaqueurs sont eux-mêmes des victimes. Attirées par des fausses offres d’emploi puis kidnappées, ces dernières se retrouvent enfermées dans des complexes sécurisés, puis forcées de mener des opérations frauduleuses en ligne allant de l’usurpation d’identité aux escroqueries sentimentales, en passant par l’extorsion ou la fraude financière.
« La litanie des abus est stupéfiante et en même temps déchirante », a déclaré vendredi le chef des droits humains à l’ONU, Volker Türk, à l’occasion de la sortie du rapport.
Selon des estimations jugées crédibles par le HCDH, au moins 300 000 personnes originaires de 66 pays seraient impliquées, souvent sous la contrainte, dans ces réseaux mondialisés.
De nombreuses arnaques en lignes trouvent leur origine dans des opérations comme celle-ci aux Philippines, menées par des réseaux criminels internationaux.
Le bassin du Mékong, plaque tournante
Portée par l’essor des cryptomonnaies et de la finance numérique, cette économie criminelle générerait jusqu’à 64 milliards de dollars par an. La seule région du Mékong concentrerait à elle seule plus de 68 % de ces revenus illégaux. Images satellites et enquêtes de terrain situent près des trois quarts des centres d’escroquerie dans cette zone, avec des ramifications vers le Pacifique, l’Asie du Sud, les États du Golfe, l’Afrique de l’Ouest et les Amériques.
Fondé sur des témoignages recueillis dans neuf pays, le rapport documente des cas de traite entre 2021 et 2025 vers des centres frauduleux situés notamment au Cambodge, au Laos, au Myanmar, aux Philippines…
Auteur: Nations Unies FR

