Derrière le champs

Derrière le champs, c’est la première et épatante BD (ou roman graphique si on est snob) de Maxence Kerloc’h qui vient de de paraître chez Casterman. Nous en publions ici quelques bonnes feuilles ainsi que la postface rédigée par l’écrivain et philosophe Tristan Garcia.

Il n’y a pas de mystère et tout est mystérieux
Derrière le champ, qu’est-ce qu’il y a ?
Juste devant se tient une poignée de gamins, qui attendent de voir ce que leur réserve la vie. Il y a là Martin, qui vient d’arriver dans le coin, Capucine et d’autres, qui commencent à expérimenter l’école buissonnière.
La première bande dessinée de Maxence Kerloc’h est apparemment un récit d’apprentissage, dans un village français sans histoire. Ni surplomb ni condescendance : nous voilà à hauteur de l’enfance, au moment précis où elle commence à s’évaporer dans le ciel blanc, nuageux, de la douzième ou treizième année de ces gosses-là.
Ils jouent encore avec leurs anciens jouets, et puis ils fument, se bagarrent, conduisent sans le permis et se tiennent la main.
À première vue, Derrière le champ répond à tous les attendus de la fiction préadolescente : les parents séparés, l’arrivée dans une nouvelle bourgade, l’intégration difficile au collège, la première amitié amoureuse, la vulgarité des gosses et leur extrême pudeur, les rumeurs à propos d’extraterrestres, un père dépressif et un père violent, les désirs de grand départ…
Mais ce n’est jamais tout à fait ça.
Ça se joue chaque fois à côté, et de biais.
À la lecture, inquiets, on cherche une vérité dérobée à notre regard. Dans le petit univers scrupuleusement dépeint par Maxence Kerloc’h tout semble clair, alors que tout est doublé : le monde des grands croit qu’il échappe au regard des enfants, et pourtant ils le…

La suite est à lire sur: lundi.am
Auteur: dev

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