La Haine des fonctionnaires, Julie Gervais, Claire Lemercier & Willy Pelletier, éd. Amsterdam, 260 pages, 18 euros.
Jeudi 3 octobre, Michel Barnier expliquait sur France 2 comment il fallait « trouver » 60 milliards pour réduire l’importante dette de la France. Des hausses d’impôts sur les grandes entreprises ayant réalisé des super profits et sur les très hauts salaires permettraient de dégager 20 milliards de recettes. Quant aux 40 milliards restants, il faudra les trouver en « limitant les dépenses ». Certes, mais comment ? « En cherchant à donner plus d’efficacité à la dépense publique ».
Et le nouveau premier ministre d’expliquer ce qu’il nomme lui-même « la méthode Barnier » : « Nous allons regarder si certaines aides à l’apprentissage ne peuvent pas être ‘reciblées’. On va aussi fusionner des services publics. Et on va sans doute ne pas remplacer tous les fonctionnaires qui partent à la retraite quand ceux-ci ne sont pas en contact direct avec les citoyens. »
Monsieur Barnier reprend là un des poncifs les plus éculés sur la dépense publique : elle serait mal employée, distribuée sans efficacité, dans une sorte de gabegie financière. Cest connu : les fonctionnaires sont trop nombreux, se gavent avec nos impôts et travaillent peu. Surtout, ceux qui sont dans les bureaux, « derrière », passent leur temps à ne rien faire, trop nombreux pour le travail à abattre. Et ils partent à la retraite bien plus tôt que les salariés du privé.
Le livre coécrit par la politiste Julie Gervais, l’historienne Claire Lemercier et le sociologue Willy Pelletier (1) liste justement ces clichés, idées reçues et autres poncifs trop souvent entendus au coin du zinc du « café du commerce ». En…
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Auteur: Olivier Doubre

