Derrière les « métiers en tension », la surexploitation du travail migrant

Alors que le projet de loi Darmanin, dit aussi « Asile et Immigration », a été rejeté à l’Assemblée Nationale, les polémiques autour de ses dispositions ne tarissent pas, tant le pouvoir macroniste est allé loin pour permettre le vote des député·es LR et RN en faveur du texte. À côté des propositions iniques de rétablissement de la double peine, de suppression possible de l’Aide médicale d’État, la fameux « article 3 » du projet de loi initial n’est pas en reste. Devenu « article 4-bis », après passage devant le Sénat puis devant la Commission des lois de l’Assemblée nationale, celui-ci se propose d’ouvrir une possibilité « d’admission exceptionnelle au séjour », pour les travailleurs et travailleuses sans titre de séjour mais exerçant néanmoins une activité salariée dans un métier dit « en tension »[1].

Or il n’y a en fait rien de hasardeux dans le fait que ce soit précisément dans ces secteurs dont les représentants se plaignent régulièrement de « pénuries de main-d’œuvre » – à savoir l’agriculture, le BTP, le nettoyage, la restauration, le travail à domicile, etc. – que trouvent à s’employer massivement les travailleurs et travailleuses étrangèr·es. Au point qu’on peut se demander si le qualificatif de « métier en tension » n’est pas tout bonnement une périphrase commode pour désigner les métiers où seules les contraintes matérielles pesant sur les travailleurs et travailleuses migrant·es rendent acceptables les conditions de travail et de salaire qui y ont cours. Travailleurs et travailleuses « sans-papiers », « temporaires » ou « détaché·es » : le recours à la main-d’œuvre étrangère s’avère en effet indispensable dans bien des secteurs des économies capitalistes avancées.

Dans un ouvrage intitulé Le travail migrant. L’autre délocalisation, à paraître très prochainement aux éditions La Dispute, le sociologue…

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Auteur: redaction