Derrière les polémiques autour du terme « racisé », une opposition sur le poids du racisme dans notre société

Quelle place joue la couleur de peau dans nos trajectoires de vie ? Khamkéo/Unsplash, CC BY


L’ESSENTIEL

  • Les polémiques sont nombreuses autour du terme « racisé », mais elles cachent un désaccord plus profond, portant sur la compréhension du racisme.

  • L’enjeu, derrière le mot, porte donc sur la place que les phénomènes raciaux occupent, ou non, dans l’organisation de la société.

  • Cette question est un enjeu académique et politique majeur qui mériterait plus de travaux de recherche et moins de positions caricaturales.


La controverse sur le terme « racisé » resurgit régulièrement dans les médias, avec son lot de confusions et de malentendus. Mais s’agit-il véritablement d’une querelle terminologique ?

Nous voudrions montrer que le terme « racisé » est aujourd’hui l’otage d’une controverse qui ne le concerne pas, qui porte sur la place à donner au racisme et aux autres phénomènes raciaux dans notre compréhension de la société et dans laquelle chaque camp tend à caricaturer la position adverse.

« Racisé » enferme-t-il ceux qu’il désigne ?

Commençons par nous intéresser à la critique du terme « racisé » qui s’est à nouveau fait entendre récemment dans la presse sous la plume du sociologue Stéphane Beaud et de l’historien Gérard Noiriel : ce terme « enfermerait » les personnes auxquelles il est appliqué.

Cette critique nous semble manquer sa cible car, à lui seul, le terme « racisé » n’enferme pas plus qu’un autre terme pouvant servir à qualifier des personnes comme « cardiaque » ou « député ». En effet, ces termes ne font que nommer certaines caractéristiques que des personnes possèdent bel et bien, par exemple, être malade du cœur ou, en reprenant ici un des sens possibles du terme « racisé », être victime de racisme.

En revanche, ce qui peut…

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Auteur: Vincent Aubert, Maître de conférences, Institut catholique de Lille (ICL)