L’amour ouf. Sur la grande scène des Docks d’Aubervilliers (Seine-Saint-Denis), Jean-Luc Mélenchon prend la parole. Costume gris et cravate rouge, le tribun insoumis lance gravement : « Mon expérience du combat politique me fait mesurer la profondeur historique de ce que nous sommes en train de réaliser. » C’était le 7 mai 2022, jour de la convention officielle qui lance la Nouvelle union populaire, écologique et sociale (Nupes). Une éternité.
Dans son discours, le triple candidat à la présidentielle acte cette alliance inédite entre les insoumis, les écologistes, les communistes et, surtout, les socialistes, son ancienne famille politique qu’il a quittée avec fracas le 7 novembre 2008, au lendemain du congrès de Reims. Près de 14 ans plus tard, l’ex-sénateur socialiste et ministre sous Lionel Jospin scelle la réconciliation : « Il aura fallu que le fil se perde et qu’il faille le tisser de nouveau. » Aujourd’hui, ce fil s’est de nouveau perdu.
Il s’est certainement égaré dans les couloirs de l’Assemblée nationale. Le coeur du problème ? Le budget de la Sécurité sociale, adopté grâce aux voix socialistes. Une position qui hérisse les mélenchonistes. Pour le député La France insoumise (LFI) Aurélien Le Coq, « les socialistes ont, de fait, acté un changement d’alliance et ont décidé de rejoindre la macronie ». Depuis des semaines, les roses font tout pour négocier avec le gouvernement de Sébastien Lecornu, après avoir épargné de nombreuses fois François Bayrou. Mais jamais ils n’étaient allés jusqu’à voter le budget d’un gouvernement macroniste.
C’en est trop pour les insoumis qui voient dans ce geste une énième trahison. « Le PS décide d’accorder sa confiance au gouvernement sur un budget horrible, lâche Anaïs Belouassa-Cherifi, députée LFI et candidate pour les municipales à Lyon. Pendant des semaines, ils…
Auteur: Lucas Sarafian

