Pedro* était venu travailler en Normandie en tant qu’ouvrier agricole. Il y a vécu un cauchemar. Le jeune Péruvien d’une vingtaine d’années est arrivé cette année en France pour travailler dans une serre de tomates dans la Manche. Il pensait avoir eu de la chance en trouvant un emploi et un logement à proximité.
Embauché par la société Les Maraîchers de Normandie, Pedro était encore en période d’essai quand il s’est rompu les ligaments de la cheville gauche, d’après lui en « construisant un enclos pour le chien du propriétaire » des lieux.
Hébergé non loin des mégaserres d’Isigny-le-Buat, dans un pavillon où son employeur loge une dizaine de travailleurs sud-américains, Pedro voit alors son contrat rompu immédiatement, en dépit d’un arrêt de travail délivré par l’hôpital d’Avranches – document que nous avons pu consulter.
« Malgré mon arrêt de travail, on m’a demandé de quitter le logement immédiatement, continue Pedro. Je les ai suppliés de me laisser rester dans le logement, mais ils ont refusé. J’ai donc dû rentrer au Pérou pour continuer mon traitement médical et préparer une opération. » Le jeune homme a été forcé, selon lui, à signer une lettre de démission en français, langue qu’il ne parle pas, et a erré dans la campagne normande avant de pouvoir retourner dans son pays d’origine.
Les travailleurs des entreprises normandes d’Agrocare sont soumis à une clause de confidentialité stipulée dans leur contrat.
Leader européen de la tomate sous serre
Les Maraîchers de Normandie est une filiale de l’entreprise néerlandaise de production de tomates Agrocare. Elle emploie des dizaines de travailleurs en Normandie et les loge discrètement dans des maisons de campagne du Sud-Manche. Leader européen de la tomate, le groupe hollandais Agrocare produit ses légumes aux Pays-Bas, en France, en Tunisie et au Maroc. L’entreprise a fusionné avec son concurrent…
Auteur: Guy Pichard

