Des accouchements surmédicalisés ? (2) – L’industrialisation des naissances

Pourquoi les mortalités périnatale et infantile augmentent-elles en France ? Le milieu médical est prisonnier de logiques de productivité, et la politique centrée sur la prise en charge du risque maximum montre des limites. Mais des solutions existent.

Lire la 1re partie : Des accouchements surmédicalisés ? (1) – Le principe de précaution

Les arguments médicaux, d’abord mobilisés pour la sécurité des patientes et la diminution de la mortalité infantile, sont désormais « portés par des enjeux qui relèvent de la rentabilité des soins », estime Clélia Gasquet-Blanchard. Maîtresse de conférences à l’École des hautes études en santé publique et attachée au laboratoire Espaces et sociétés, la chercheuse va jusqu’à parler d’une « industrialisation des naissances ».

Physiologiques, les naissances doivent se dérouler le plus rapidement possible. Complexes, elles permettent des actes rentables, remboursés par la Sécurité sociale. Malgré les mesures prises par les pouvoirs publics pour une désescalade (loi dite « Bachelot » de 2009, qui élargit notamment les compétences des sages-femmes et donc la possibilité de plus d’accouchements par voie basse), une césarienne reste plus rémunératrice qu’un accouchement par voie basse (5 jours d’hospitalisation contre 2 ou 3 jours).

Des soignants pris au piège

« Soit on acte des soins rentables, soit la mère rentre le plus vite…

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