Il faisait un froid glacial, lundi 9 décembre, sur la place de la Bourse, à Paris. Mais cela n’a pas découragé une centaine de personnes de se réunir pour la première action de la campagne Désarmer Bolloré, lancée en juillet par 150 organisations écologiques, féministes, antiracistes et syndicats.
Les participantes et participants avaient préparé une très longue liste des méfaits de Vincent Bolloré, dénonçant l’omnipotence financière et médiatique du groupe et son rôle dans l’extrême droitisation de la société française. C’est lui qui a notamment permis l’ascension médiatique d’Eric Zemmour pendant la campagne présidentielle de 2022.
La manœuvre boursière de Vivendi
Ils ont organisé une contre-assemblée générale citoyenne en réponse à la véritable assemblée générale de Vivendi, le vaisseau-amiral de l’empire, spécialisé dans les médias et la communication, qui se déroulait quelques centaines de mètres plus loin, dans la salle de spectacle des Folies Bergère. Vincent Bolloré y réunissait les actionnaires pour scinder l’entreprise en trois entités différentes : Canal+ (qui comprend également les chaînes C8 et CNews), le groupe de communication Havas et la maison d’édition Hachette.
Une opération qui vise « à renforcer le contrôle du groupe Bolloré, au mépris de toute réglementation boursière », comme l’explique Mediapart. « L’objectif est de contourner les réglementations en Bourse et faire en sorte de gagner plus d’argent, assure une activiste sur la place de la Bourse. Or, cet argent, on en aurait besoin les services publics et pour les journalistes indépendants. »
« Beaucoup de naïveté sur ce que fait Bolloré »
Les conséquences désastreuses de l’emprise de Bolloré sur les médias ont été évoquées à plusieurs reprises. « En douze ans, l’Arcom [Autorité de régulation de la…
Auteur: Laury-Anne Cholez

