Antideutsche ? Ce terme, que l’on peut traduire par « anti-allemand », désigne un mouvement politique né de l’autre côté du Rhin. S’il se revendique originellement de la gauche révolutionnaire, sa réalité est bien plus proche des pires délires néo-conservateurs. Et, bien qu’en net recul, il continue de faire des petits dans les régions germanophones comme ailleurs en Europe. Petit retour sur l’un des pires produits de l’Allemagne contemporaine
Article initialement paru dans le numéro papier 46 du Poing, “Plateforme des peuples d’Europe : reprendre l’initiative”, toujours disponible sur notre boutique en ligne.
Le mouvement antideutsche apparaît avec la réunification allemande : une partie conséquente du puissant mouvement radical refuse que l’Allemagne redevienne une puissance, du fait de son lourd passé. Une partie défend de classiques positions anti-impérialistes. Mais une fraction de ce mouvement antinational, inspirée par les auteurs marxistes de l’école de Francfort, va plus loin, et proclame : Nie wieder Deutschland (Plus jamais d’Allemagne).
Concrètement, il s’agit surtout d’un mouvement d’étudiants et d’universitaires, qui gagne durant les années 1990 et 2000 un poids important dans la scène alternative allemande, particulièrement dans les grandes villes comme Berlin, Francfort, Dresde ou Hambourg. Et jusqu’en Autriche et en Suisse ! On retrouve la pensée antideutsche dans les universités, les black blocs, la scène techno, et même dans la jeunesse du parti de gauche Die Linke (plus ou moins assimilable à La France Insoumise). Une nébuleuse de sites et de magazines comme la revue Bahamas alimentent le tout.
Bon, d’accord, mais mis à part que la plupart des antideutschen sont de jeunes hipsters nihilistes, qu’est-ce qui est si désagréable dans ce mouvement ? Eh bien, loin d’attaquer frontalement le capitalisme allemand, il se spécialise surtout dans une défense sans…
Auteur: Le Poing

