Pau (Pyrénées-Atlantiques), reportage
« Jusqu’ici, notre mobilisation était locale. Dorénavant, elle sera nationale et européenne […] Nous allons passer de la concertation à la confrontation. » L’avertissement de Jacques Descargues, porte-parole de Forêts Vivantes Pyrénées (FVP) et ancien secrétaire général de l’Office national des forêts (ONF), a résonné à Pau le 14 juin. Des dizaines d’associations, ONG, syndicats et groupes militants avaient coché la date pour ouvrir un nouveau front de défense pour les forêts. Parmi elles, Greenpeace, Canopée, SOS Forêt et le Groupe national de surveillance des arbres (GNSA) du militant Thomas Brail, opposant historique à l’autoroute A69.
Face à eux : une série de grands projets industriels « inutiles » (centrales à biomasse, usines de granulés…) transformant la forêt en matière première. Enguirlandés de branches d’arbre, grimés en blaireaux, cerfs et grenouilles, plus d’un millier de personnes ont battu le pavé, rejoint par des élus comme la députée La France insoumise (LFI) des Hautes-Pyrénées, Sylvie Ferrer. Le cortège a traversé Pau au son des batucadas, pancartes univoques à la main : « Pas de nature, pas de futur », « Sans arbre, plus de saison »…
Plusieurs happenings ont aussi rythmé la manifestation. Sur les marches du palais de justice, l’association Les Rondins des bois mettait en scène le procès fictif d’Elyse Energy, la compagnie cherchant à implanter l’usine E-Cho de biocarburants à Lacq, près de Pau. L’entreprise ambitionne notamment de produire du e-kérosène pour « verdir » le domaine de l’aviation.
Un projet unanimement contesté par les groupes écologistes, à l’image de Canopée : « Ils considèrent le bois comme une énergie renouvelable, mais ce n’est pas si simple que ça. Outre le fait que sa combustion émet plus de CO2 que…
Auteur: Pablo Patarin

