Vous lisez la dernière partie de notre série « Les fruits du futur ».
Pyrénées-Orientales, reportage
Les larges feuilles d’un bananier lèchent le toit de la serre. Presque cachées derrière, de petites grappes bien vertes attendent leur heure. Autant de bananes miniatures qui mettront quelques mois à mûrir. Nous ne sommes ni en Guadeloupe, ni en Martinique, ni aux Canaries ou au Costa Rica, mais à quelques kilomètres de Perpignan. C’est ici que deux agriculteurs ont décidé de se lancer dans la culture de la banane made in Hexagone. Même si, avec un peu plus de 1,5 tonne produite l’an dernier, ils ne pourront pas remplacer les 700 000 tonnes consommées dans notre pays. Cette expérimentation reste confidentielle, faute au climat : le bananier ne supporte pas le froid.
Le voyage commence à Torreilles, dans la plaine du Roussillon. Au loin, on aperçoit le sommet du Canigou, encore saupoudré de quelques flocons. Linda Blandin et Frédéric Morlot sont les premiers à s’être lancés dans la culture de bananes, il y a vingt ans. Pousser la porte de leurs onze serres photovoltaïques, c’est voyager sous les tropiques. Bananier, gingembre mangue, goyavier fraise, curcuma longa, moringa — une feuille au goût de petit pois acide… Près de 56 familles de plantes sont cultivées en agriculture biologique, labellisées Ecocert.
Frédéric Morlot s’approche d’un arbre, se glisse sous de larges feuilles au vert flamboyant et attrape une babafigue, la fleur du bananier. Ses lourds pétales violets sont encore refermés. Au-dessus, les « mains » peuvent posséder jusqu’à vingt « doigts ». Soit autant de petites bananes qui sont encore bien vertes. Celles que nous présente Frédéric sont minuscules : elles mettront plusieurs mois à mûrir au chaud dans la serre.
Un secret bien gardé
Le couple a vécu plusieurs années à La Réunion comme pépiniériste et infirmière. À leur retour dans l’Hexagone, ils ont…
La suite est à lire sur: reporterre.net
Auteur: Laury-Anne Cholez

