Cet article est publié en partenariat avec la Revue Salamandre.
Bailleul (Pas-de-Calais), reportage
11 septembre, 14 h 40. Après une averse inespérée, les parterres fleuris du Conservatoire botanique national (CBN) de Bailleul étanchent leur soif. Vianney Fouquet, chargé de mission en éducation et formation, pousse le portail du jardin conservatoire, une parcelle fermée au public. Cernés par une haie, une centaine de carrés de culture impeccablement alignés parmi le gazon prennent un petit air de Versailles. Mais nul étalage ostentatoire de richesse.
« Ce sanctuaire des raretés recueille près de 100 espèces sauvages menacées de disparition dans les Hauts-de-France, explique le jeune homme. Un sort qui concerne 13 % des 1 500 espèces de plantes vasculaires indigènes que compte la région. En détruisant et polluant les milieux naturels, l’être humain éradique sciemment le vivant qui garantit l’habitabilité de la Terre et participe à sa beauté… » C’est à la suite de la prise de conscience des menaces pesant sur la flore, dans les années 1970, que sont nés les douze CBN de France. Leur mission ? « Étudier, préserver et faire connaître la flore locale et ses habitats naturels », résume le guide nature.
15 h 15. L’odeur puissante d’une camomille nous accoste au passage. « La région étant essentiellement calcaire, cette amatrice de sols acides ne se trouve que sur la Côte d’Opale », indique Vianney Fouquet. Sur une autre placette, un tas de cailloux accueille de la laitue vivace, avide de calcaire. Ailleurs, un bassin de tourbe inondé héberge du trèfle d’eau. Chaque station offre ainsi des conditions culturales particulières.
Plus loin, l’écologue s’agenouille près d’un carré de terre nue où courent des tiges grêles surmontées de coquettes fleurs lilas. « Voici la star du jardin : la violette de Rouen. Elle ne pousse qu’à un endroit sur Terre, les éboulis crayeux de la…
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