Tournissan (Aude), reportage
« Il y a un an, on observait, impuissants, les flammes dévorer la moitié de cette vallée. Aujourd’hui, on se mobilise pour sauver l’autre moitié, menacée cette fois-ci par l’installation de milliers de panneaux photovoltaïques, de centrales et de pylônes électriques. » Sous le soleil de Tournissan, dans l’Aude, Hervé Leferrer, vigneron et président de l’association Développement durable en Corbières et Minervois, tient fermement son micro. « Dans un rayon de 20 km autour d’ici, au moins six projets d’une envergure impressionnante sont recensés. Nous ne sommes pas contre le photovoltaïque, mais contre ces projets démesurés », poursuit-il devant environ 200 personnes réunies pour l’occasion.
Ce samedi 6 juin, dix-neuf associations et syndicats avaient appelé à rejoindre Tournissan pour une « marche champêtre » afin de dénoncer l’industrialisation du territoire. Dans cette commune et celle voisine de Ribaute, deux imposants projets de parcs photovoltaïques sont prévus, avec l’installation de 132 443 panneaux solaires sur 56,8 hectares. Portés par l’entreprise Hexagone Énergie, filiale du groupe Neoen, qui appartient au fonds d’investissement canadien Brookfield, ces deux projets ne sont pas isolés. « On compte plus de 30 projets à l’échelle du département », rappelle Hervé Leferrer.
L’ombre de l’incendie de 2025
En dehors de ces parcs de panneaux solaires au sol, ce sont également les installations annexes qui inquiètent, et notamment le poste source qui doit être installé à Tournissan. Prévue sur 8 hectares, cette énorme centrale électrique, censée stocker et redistribuer l’électricité produite par ces centrales photovoltaïques, accueillera dix-huit conteneurs de stockage de batteries au lithium.
« Ces batteries produisent énormément de chaleur, elles doivent être refroidies en permanence, explique Daniel Spagni, le nouveau…
Auteur: Antoine Berlioz, Justin Carrette

