Des Bretons chassés de chez eux par la submersion marine

Treffiagat (Finistère), reportage

Le chemin s’arrête là. « Zone naturelle, protection dunaire, franchissement interdit. » À droite, l’océan Atlantique s’offre à perte de vue et vient finir sa course en s’écrasant contre cette butte de sable interdite aux humains. À gauche, en contrebas, on voit le chemin des Dunes bien connu des promeneurs, une rangée de maisons, puis, derrière, la rue de la Mer. Dune. Mer. Des noms de voies idylliques qui semblent aujourd’hui maudites : d’ici quelques mois, sept habitations de ce quartier de Treffiagat, petite ville de 2 400 âmes située dans le Finistère, vont être détruites.

En cause : le dérèglement climatique. Entre la houle qui se fait plus forte, les tempêtes plus violentes et fréquentes, le cordon dunaire qui est sujet à l’érosion, la mer qui gagne chaque jour un peu plus de terrain, les risques de submersions marines sont désormais à la porte de ces maisons. « Non merci », « non, je ne veux pas parler », « je suis occupée là », « on n’a rien à dire, on est déjà en négociation avec les gens qui nous gouvernent », « mes parents, qui vivent ici, m’ont demandé de ne pas en parler »

Du côté des habitants qui vécurent jusqu’ici dans un lieu paradisiaque — pour moitié des résidents principaux, l’autre des résidents secondaires — difficile de parler tant la nouvelle est un déchirement. Bientôt, la maison où les enfants ont grandi et où certains espéraient mourir ne sera plus. Bientôt, seuls les souvenirs survivront. Alors, autant rester emmuré dans son silence que de parler à la presse, voire aux élus.

« Ce n’est pas une décision prise de gaieté de cœur. Mais on ne peut plus reculer », explique Stéphane Le Doaré, président de la communauté de communes du Pays Bigouden Sud (CCPBS). « Pour protéger les habitants, c’est la seule solution qu’il nous reste. C’est une zone dans laquelle il faut…

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Auteur: Chloé Richard

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