Des cauchemars et des rêves

« M’sieur, si on aime foutre le bordel c’est qu’on s’ennuie tellement sinon »
« m’sieur, ma grande sœur elle a failli se faire taper par un flic, ils font trop peur en vrai »
« m’sieur, si les adultes sont gentils, on est gentil avec eux »
« m’sieur mon grand frère il dit que y’a que avec le feu que l’on se fait entendre »
« m’sieur c’est trop bien ce qu’il se passe »
« m’sieur, on passe plus de temps à travailler au collège qu’avec nos parents ou nos amies, c’est pas normal. »

L’apathie était l’humeur écrasante. Sans trop y croire, nous nous attachions à des appels au 17 octobre contre la vie chère, à un énième retour tant attendu des Gilets jaunes, parfois nous participions à des manifs ou des évènements sans fougue juste pour aller boire un coup, nous regardions sur nos écrans défiler les images aberrantes de la guerre capitaliste menée contre un « nous » toujours plus grand. Bref, en France, depuis les Gilets jaunes, nous étions en attente, traversés parfois d’espoirs qu’on savait d’avance déçus. Nous regardions atterrés la suite du monde se dessiner comme un cauchemar dont on ne sait plus par où se réveiller. Et là, contre toute attente, les lycéens soulèvent l’ordre morose. Un soulèvement de la jeunesse : qui l’eût cru ?

Ces « jeunes » qu’on ne cesse de dépeindre comme dépolitisés, rivés à ces fameux écrans, incapables de réfléchir et de s’organiser, etc… En une semaine, partie de la banlieue parisienne avant de s’étendre sur tout le territoire, une jeunesse en révolte affole le pouvoir. Ça y est nous nous remettons quelque peu à entrevoir quelques rêves de révolte, et la bourgeoisie, elle, commence à cauchemarder :« alertes info – BFMTV – le premier ministre craint que la crise lycéenne ne s’installe pendant plusieurs mois, voire jusqu’à la présidentielle. Ses conseillers, dont plusieurs anciens…

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Auteur: dev