Des centaines de marcheurs pour sauver les terres d'Île-de-France

Paris, reportage

« [Didier] Lallement a peur des escargots. » Devant l’Hôtel de Ville à Paris, de nombreuses banderoles de ce type ont été déployées dimanche 10 octobre. À côté de celles en référence au préfet de Paris, de grands escargots en bois, peints de toutes les couleurs, arboraient le slogan « Vite ! Ralentissons ». L’animal est le symbole des « marches des terres », parties des quatre coins de l’Île-de-France samedi, avant de converger le lendemain au cœur de la capitale. Saclay, Gonesse, Val Bréon et Thoiry : des centaines de paysans et militants ont parcouru des dizaines de kilomètres depuis ces terres agricoles menacées par l’urbanisation. L’un après l’autre, les cortèges ont débarqué sur la place, sous les applaudissements.

Au fil des arrivées, les anneaux des Jeux olympiques (JO) placés devant l’Hôtel de Ville ont été recouverts d’autres pancartes, dénonçant les conséquences de ces chantiers et de ceux du Grand Paris. « Nous sommes la nature qui se défend » ; « Nos meilleures terres pour l’alimentaire ! » pouvait-on lire.

Le pied de nez au préfet de Paris, Didier Lallement, n’était pas anodin. Dans les rues adjacentes, des dizaines de camions de gendarmes étaient postés. En moins d’une heure, les forces de l’ordre ont bloqué la quasi-totalité des issues. La préfecture avait en effet interdit la veille la manifestation, initialement prévue de l’Hôtel de Ville à Matignon, n’autorisant qu’un rassemblement statique. Le référé-liberté déposé dans la foulée par les organisateurs a été rejeté, « au motif que l’on avait déjà marché ce matin, précisait Victor Vauquois, activiste au sein des Soulèvements de la Terre, le collectif à l’origine des marches. Il n’est pas légitime de porter ainsi atteinte à la liberté de manifester ».

Arrivée d’un cortège sur le parvis de l’Hôtel de Ville. © Delphine Lefebvre/Reporterre

La présence policière a été forte avant même l’entrée dans Paris. « Parties de Saclay, nous étions trente personnes à dormir à Malakoff, dans un local prêté par la mairie. Au réveil, dès 8 heures, dix-huit fourgons de gendarmes étaient devant ! dit Gaspard Manesse, porte-parole de la Confédération paysanne d’Île-de-France. C’est complètement disproportionné. » Peu après, les véhicules du syndicat paysan ont été exclus de ce cortège par les forces de l’ordre. « Il y a eu une volonté de scinder la marche, et ils nous ont retardés », ajoute-t-il. Contactée…

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Auteur: Maïa Courtois Reporterre

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