Le nombre des centenaires s’est considérablement accru. De nouvelles classes d’âges, les plus de 105 ans et même les plus de 110 ans ou « supercentenaires », ont émergé. Cela veut-il dire que les limites de la longévité vont être repoussées ? Une base de données hébergée par l’Ined rassemble les cas validés de personnes décédées à plus de 105 ans dans une douzaine de pays. Son analyse apportera des éléments de réponse.
Jusqu’à aujourd’hui, quatre personnes seulement au monde sont reconnues comme ayant vécu plus de 118 ans. Parmi elles, figurent deux Françaises : Jeanne Calment, qui a atteint 122 ans et 5 mois et, plus récemment, Lucile Randon, décédée en 2023 à près de 119 ans (118 ans et 11 mois). Bien qu’ils soient parfois contestés, ces âges très élevés ont été validés par les chercheurs sur la base de divers certificats d’état civil ou documents administratifs.
Dans l’histoire des sociétés humaines, la survie aux très grands âges a toujours fasciné. Mais au-delà des cas extrêmes, et finalement anecdotiques, l’accroissement du nombre des personnes très âgées mérite d’être souligné.
Arrêtons-nous ici plus particulièrement sur le cas de la France.
Trente fois plus de centenaires qu’en 1970 !
Dans tous les pays où les données ont pu être validées, les personnes qui vivent au-delà de 100 et même de 110 ans sont de plus en plus nombreuses et partout le nombre de femmes est largement supérieur à celui des hommes.
En France, le nombre de centenaires dépassait 30 000 personnes en 2024. C’est 30 fois plus qu’en 1970 ! Et si l’hypothèse d’une poursuite des tendances actuelles de mortalité se confirme, l’Insee projette plus de 200 000 centenaires en France en 2070.
Baisse de la mortalité des enfants au cours du XXe siècle
En Europe, la réduction drastique de la mortalité des enfants et des jeunes adultes, observée à la fin du…
Auteur: France Meslé, Démographe, Ined (Institut national d’études démographiques)

