Saint-Georges-Motel (Eure), reportage
Au matin du samedi 14 février, la salle des associations de Saint-Georges-Motel (Eure) est en ébullition. Environ 150 personnes ont répondu à l’appel de cette première réunion publique organisée par Abolissons la vénerie aujourd’hui (AVA), l’association Animal Protection du Vivant, basée à Rambouillet, et le tiers-lieu local Le ResSourc’Eure. Quelques jours plus tôt, le collectif AVA avait distribué des tracts dans les boîtes aux lettres des communes voisines de la forêt de Dreux avec un appel à signer une pétition en ligne qui comptabilise à ce jour près de 45 000 signatures, et un message clair : « Exigeons le retrait de la bâche ».
« En octobre, nous avons commencé à recevoir des alertes de riverains qui nous ont signalé la présence d’une bâche le long du chemin de grande randonnée », raconte Caroline Piffero, d’AVA à Dreux. À l’origine des remous dans les petites communes voisines de la forêt domaniale de Dreux, il y a une bâche verte installée en lisière du bois par un équipage de chasse à courre, le Normand Piqu’Hardi, qui chasse le cerf une à deux fois par semaine pendant la période autorisée entre septembre et mars.
Dispositif de sécurité ou piège pour les animaux ?
La bâche, une toile de paillage synthétique de 3 mètres de hauteur, suspendue à l’aide de câbles, et déployée sur 1,7 kilomètre le long du sentier, les jours de chasse, a été autorisée à titre expérimental par l’Office national des forêts (ONF) pour la première fois en France, après avoir obtenu l’avis favorable de l’Office français de la biodiversité (OFB). Selon l’ONF, ces « rideaux souples » sont déployés « environ vingt jours par an » sur une « faible emprise (moins de 4 % du périmètre concerné) ». Néanmoins, « l’acceptabilité sociale » que l’ONF souhaite évaluer à l’issue de cette expérimentation est…
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