A Al-Mawasi, à l’ouest de Khan Younis, où les tentes s’étendent sur le sable et où des files d’attente interminables se forment pour obtenir de l’eau et de la nourriture, Asaad Al-Azzabi se prépare pour un match à mille lieues de ce qu’il connaissait autrefois.
Avant la guerre, M. Al-Azzabi jouait pour le club Al-Tajammu à Rafah, où lui et ses coéquipiers avaient accès à des terrains, des salles d’entraînement, des entraîneurs et du matériel.
Des personnes déplacées de Rafah regardent le match opposant le camp d’Al-Rahma au camp de Sheikh Al-Eid.
Des chaussures empruntées
Aujourd’hui, il a de la chance s’il trouve des chaussures pour jouer. « Parfois, j’en emprunte une paire à un ami ou je les rafistole avec du ruban adhésif », explique-t-il.
Il vit désormais dans une tente du camp d’Al-Rahma, un refuge pour les personnes déplacées de Rafah, où l’accès à l’eau potable et aux services d’assainissement est limité. Il vit seul, depuis que sa femme est partie en Jordanie avec leur fils, atteint d’un cancer, pour y chercher un traitement.
Selon les données de l’ONU, environ 1,7 million de personnes vivent dans quelque 1.600 sites de déplacés à travers la bande de Gaza, la plupart d’entre elles dans des lieux temporaires ou informels. La plupart des résidents dépendent de l’eau acheminée par camion et sont contraints de faire face à des restrictions sur l’entrée de matériel, de carburant et de matériaux de réparation.
Alors qu’il peine à subvenir à ses besoins fondamentaux, M. Al-Azzabi se prépare pour le match contre le camp voisin de Sheikh Al-Eid. Il explique la stratégie à ses joueurs en dessinant sur le sable, avant que l’équipe ne se mette en route à pied vers un terrain situé au milieu des tentes des personnes déplacées.
Ce match semble être bien plus qu’une…
Auteur: Nations Unies FR

