Des chevaux de course finissent-ils dans nos assiettes ? C’est l’une des questions soulevées par l’enquête Horses — Making a Killing (Chevaux, la fabrique d’une tuerie) du journaliste d’investigation Conor Ryan, diffusée les 12 et 13 juin par la télévision publique irlandaise dans l’émission RTÉ Investigates.
Foodwatch, organisation de défense des consommateurs, travaille sur la question de la fraude alimentaire depuis des années. Ingrid Kragl, sa directrice de l’information, dévoile les révélations de ce documentaire et pointe les failles de la réglementation européenne.
Reporterre — La télévision irlandaise alerte dans un documentaire sur un nouveau scandale alimentaire lié à la viande de cheval. Que révèle l’enquête du journaliste Conor Ryan ?
Ingrid Kragl — Dans cette enquête, le journaliste d’investigation révèle qu’il existe bel et bien un trafic de viande de cheval. Impropre à la consommation, cette viande entre pourtant dans la chaîne alimentaire [n’étant pas destinée à la boucherie, elle n’a pas été soumise aux mêmes contrôles sanitaires et peut contenir des antibiotiques, des virus, etc.]. Et ce trafic n’est pas mince, cette fraude transfrontalière concerne plusieurs pays européens, dont la France. Depuis le scandale que l’on a appelé « les lasagnes à la viande de cheval » qui avait éclaté début 2013 — et qui était déjà venu de révélations des autorités irlandaises —, on pensait qu’il n’y avait plus de problème. Ce documentaire démontre le contraire.
Conor Ryan a pu filmer en caméra cachée dans le seul abattoir irlandais qui abat les chevaux, qui partent ensuite vers le continent européen. Car il faut savoir qu’en Irlande, on ne mange pas de cheval. Culturellement, c’est pratiquement un tabou. En France, en revanche, 5 % de la population en consomme encore.
« Les chevaux de course sont soignés avec de puissants anti-inflammatoires »
En…
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Auteur: Fabienne Loiseau

