Le fascisme se combat partout, même en ligne. Avant d’être légitimée par les médias, l’extrême droite institutionnelle avait investi les espaces numériques. Le Front national a été le premier parti à se doter d’un site web, en 1996, et, depuis, le clan lepéniste continue à prospérer sur les réseaux sociaux. Au-delà des personnalités politiques, dans les années 2010, des figures comme Alain Soral se mettent à pulluler sur internet et à propager des discours d’extrême droite. Mais, depuis plusieurs années, la résistance s’organise pour reprendre ces espaces numériques.
« Les organisations antifascistes s’adaptent à chaque réseau social : X ou Bluesky pour parler aux militants et aux journalistes, Instagram pour tenter de rallier de nouveaux membres, et des plateformes fermées comme Discord, Signal ou Telegram pour s’organiser en interne », décrit Tristan Boursier, docteur en science politique de l’université de Montréal et de Sciences Po-Paris, spécialiste de l’extrême droite en ligne.
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Beaucoup de groupes antifascistes agissent à l’échelle locale, restent isolés et peinent à convaincre en dehors des cercles militants. Le collectif de la Jeune Garde antifasciste, fondé en 2018, a décidé de rompre avec cet isolement et de diffuser ses idées via internet. Le compte Instagram de la section lyonnaise cumule plus de 17 000 abonnés.
« Avec l’arrivée d’internet, les méthodes et les relais de lutte ont radicalement changé », expose Cem Yoldas, porte-parole de la Jeune Garde. « La jeunesse est particulièrement présente sur les réseaux sociaux, donc c’est important pour nous d’investir ces espaces, précise-t-il. Il ne faut surtout…
Auteur: Thomas Lefèvre

