Des conceptions naturalistes et réductionnistes du capitalisme

Depuis quelques années, un nouveau concept est apparu pour qualifier la logique capitaliste à l’œuvre dans le sud global notamment, l’extractivisme. Temps critiques viennent polémiquer autour de ce terme qu’ils considèrent comme à la mode et sans portée ou pertinence analytique, si ce n’est celles de recouvrir les rapports sociaux d’exploitation soit le B.A.BA de l’ordre général du monde.

D’une activité à une idéologie

On peut se demander ce qui pousse à l’emploi de ce vocable purement descriptif dont apparemment beaucoup voudraient faire un concept et quasiment une idéologie. La notion est issue du portugais, mais produite en Amérique latine : extrativismo renvoie à l’origine aux activités commerciales réalisées avec des produits forestiers, et exportés vers les métropoles capitalistes. C’est un usage capitaliste des ressources forestières, qui s’oppose aux activités de subsistance. Dans cette acception, l’activité paradigmatique de l’extractivisme est la culture de l’hévéa pour la production de caoutchouc, dans un contexte colonial. En fait, elle a été utilisée à nouveau dans les pays latino-américains à partir des années 1990-2000 suite à l’échec des politiques de croissance nationale indépendante des années 1960-70 (cf. infra). Elles sont présentées aujourd’hui comme une arme théorique du « Sud global » mais elles se diffusent ailleurs (dans le « Nord global », une expression qui vient de sortir !), sans doute pour y remplacer un anti-impérialisme discrédité et inadéquat.

Sans faire d’évaluation quantitative précise, on peut dire que cet « extractivisme », non dénommé comme tel à l’époque, a aussi été à la base de la révolution industrielle, puisqu’il en a même tracé la carte, l’extraction et la production précédant la transformation. En effet, le cœur du capitalisme n’a pas battu au rythme des « grandes découvertes » ou de la…

La suite est à lire sur: lundi.am
Auteur: dev

Pour l’actu indépendante

🌍 Soutenez l’info libre. Gardez OnePlanète vivant et sans pub
→ ko-fi.com/oneplanetecom

Buy Me a Coffee at ko-fi.com